Amalia Badou Nahlet el Lieh fut mordue à l’âge de cinq ans par un serpent bleu de quatorze centimètres de long. Elle passa trois jours dans les fièvres les plus fortes. Tout le monde s’attendait à la voir mourir. Or, un matin, après une nuit de délire qui avait fait penser à sa mère que ce serait la dernière, elle se réveilla en disant : « J’ai faim ! ».
La morsure du serpent avait pratiquement disparue ne laissant qu’une toute petite tâche brune qui au fil des ans devint un bouton sur sa cuisse droite.
Cependant une étrange maladie s’empara d’elle, une sorte de mélancolie l’obligeant à rester des nuits entières éveillée à contempler la lune même par nuit noire.
Quelques trente années plus tard, elle cherchait toujours un homme. Quand elle en eut enfin trouvé un, après de multiples essais, elle lui demanda de l’épouser.
Quelques mois avant la date fixée pour le mariage, les yeux d’un homme qui n’étaient pas ceux de celui auquel elle se destinait, se posèrent sur elle. Son âme en fut chavirée et l’image de l’homme ne la lâcha plus. Comme une morsure de serpent. Comme elle aimait beaucoup celui qu’elle allait épouser elle fit un dessin des deux amants qu’elle tenta de mélanger pour n’obtenir qu’un seul visage. Son futur mari découvrit le dessin et se mit en colère. Il prit la bague de fiançailles qu’il avait achetée et la jeta au fond d’un puits. Le charme se rompit immédiatement et Amalia Badou Nahlet el Lieh oublia les yeux qui l’avaient fait chavirer.
Elle se maria et ce fut l’un des plus beaux jours de sa vie.
Quelques temps après, son mari, qui était un navigateur, partit pour un pays étranger, très loin de leur demeure commune.
Comme il tardait à revenir, elle décida de le rejoindre. Mais quelques jours avant de partir, les yeux d’un homme qui n’était pas le sien se posèrent sur elle. Son âme en fut chavirée et l’image de l’homme ne la lâcha plus. Comme une morsure de serpent. Elle fit un dessin ou elle essaya de mélanger le portrait de son mari avec celui de cet homme. Elle s’embarqua sur le bateau qui devait la conduire vers le pays où était son mari mais l’homme s’embarqua avec elle. Elle ne le repoussa pas. Une violente tempête fit sombrer le navire. Ils survécurent et l’homme ramena Amalia Badou Nahlet el Lieh dans son pays.
Un soir alors qu’elle se regardait dans une glace, elle vit que le bouton sur sa cuisse avait grossi.
Son mari attendit de longs mois et ne la voyant pas venir il se mit à désespérer. De son côté Amalia Badou Nahlet el Lieh pensa qu’elle ne reverrait plus, elle non plus son mari et que le destin en avait décidé ainsi. Sur le dessin qu’elle avait fait le visage de son mari s’estompait de jours en jours.
Par trois fois son mari crut la revoir. C’était le même corps, le même visage et la même voix que celle qu’il aimait mais à chaque fois qu’il voulait la prendre dans ses bras elle disparaissait. Son mari comprit que c’était un fantôme qui le visitait et il eut peur qu’elle ne soit morte à tout jamais.
Mais comme au fond de son cœur il pensait qu’elle était toujours vivante il attrapa un oiseau jaune et le chargea d’un message. L’oiseau trouva le chemin d’Amalia et déposa le message sur le bord de la fenêtre. Son mari l’aimait toujours et n’avait cessé de l’attendre tout ce temps, sans jamais regarder un autre femme tant elle était chère à son cœur.
Quelque temps après elle découvrit au fond d’un tiroir le dessin aux deux visages et elle vit que le visage de son mari avait reprit tout son éclat et que celui de l’amant s’estompait.
Elle trouva un oiseau rouge et lui confia un message, espérant que l’oiseau trouverait le chemin de cette terre étrangère où son mari vivait. L’oiseau trouva la route et remit un jour le message sur le bord de la fenêtre. Mais l’oiseau avait essuyé tellement de tempêtes et de vents violents et de pluies diluviennes que le message était à peine déchiffrable. Le mari passa de longues heures à essayer de le recomposer mais il obtenait à chaque fois une version différente. Au fond de son cœur après ces longs mois d’absence et la visite des trois fantômes il eut peur que de nouveau il s’agisse d’un mirage et que le message était envoyé par un esprit.
Pour s’assurer qu’il s’agissait bien de sa femme, qu’elle l’aimait toujours et qu’elle le désirait, il attrapa un oiseau jaune et lui confia cette lettre en ajoutant à la fin : « Si c’est toi, et si tu veux de moi, envoie-moi un tango ».
Il était sûr que si c’était un esprit, il ne comprendrait pas le sens du message et que si c’était vraiment sa femme il recevrait ce qu’il attendait.
Et il attendit.
La morsure du serpent avait pratiquement disparue ne laissant qu’une toute petite tâche brune qui au fil des ans devint un bouton sur sa cuisse droite.
Cependant une étrange maladie s’empara d’elle, une sorte de mélancolie l’obligeant à rester des nuits entières éveillée à contempler la lune même par nuit noire.
Quelques trente années plus tard, elle cherchait toujours un homme. Quand elle en eut enfin trouvé un, après de multiples essais, elle lui demanda de l’épouser.
Quelques mois avant la date fixée pour le mariage, les yeux d’un homme qui n’étaient pas ceux de celui auquel elle se destinait, se posèrent sur elle. Son âme en fut chavirée et l’image de l’homme ne la lâcha plus. Comme une morsure de serpent. Comme elle aimait beaucoup celui qu’elle allait épouser elle fit un dessin des deux amants qu’elle tenta de mélanger pour n’obtenir qu’un seul visage. Son futur mari découvrit le dessin et se mit en colère. Il prit la bague de fiançailles qu’il avait achetée et la jeta au fond d’un puits. Le charme se rompit immédiatement et Amalia Badou Nahlet el Lieh oublia les yeux qui l’avaient fait chavirer.
Elle se maria et ce fut l’un des plus beaux jours de sa vie.
Quelques temps après, son mari, qui était un navigateur, partit pour un pays étranger, très loin de leur demeure commune.
Comme il tardait à revenir, elle décida de le rejoindre. Mais quelques jours avant de partir, les yeux d’un homme qui n’était pas le sien se posèrent sur elle. Son âme en fut chavirée et l’image de l’homme ne la lâcha plus. Comme une morsure de serpent. Elle fit un dessin ou elle essaya de mélanger le portrait de son mari avec celui de cet homme. Elle s’embarqua sur le bateau qui devait la conduire vers le pays où était son mari mais l’homme s’embarqua avec elle. Elle ne le repoussa pas. Une violente tempête fit sombrer le navire. Ils survécurent et l’homme ramena Amalia Badou Nahlet el Lieh dans son pays.
Un soir alors qu’elle se regardait dans une glace, elle vit que le bouton sur sa cuisse avait grossi.
Son mari attendit de longs mois et ne la voyant pas venir il se mit à désespérer. De son côté Amalia Badou Nahlet el Lieh pensa qu’elle ne reverrait plus, elle non plus son mari et que le destin en avait décidé ainsi. Sur le dessin qu’elle avait fait le visage de son mari s’estompait de jours en jours.
Par trois fois son mari crut la revoir. C’était le même corps, le même visage et la même voix que celle qu’il aimait mais à chaque fois qu’il voulait la prendre dans ses bras elle disparaissait. Son mari comprit que c’était un fantôme qui le visitait et il eut peur qu’elle ne soit morte à tout jamais.
Mais comme au fond de son cœur il pensait qu’elle était toujours vivante il attrapa un oiseau jaune et le chargea d’un message. L’oiseau trouva le chemin d’Amalia et déposa le message sur le bord de la fenêtre. Son mari l’aimait toujours et n’avait cessé de l’attendre tout ce temps, sans jamais regarder un autre femme tant elle était chère à son cœur.
Quelque temps après elle découvrit au fond d’un tiroir le dessin aux deux visages et elle vit que le visage de son mari avait reprit tout son éclat et que celui de l’amant s’estompait.
Elle trouva un oiseau rouge et lui confia un message, espérant que l’oiseau trouverait le chemin de cette terre étrangère où son mari vivait. L’oiseau trouva la route et remit un jour le message sur le bord de la fenêtre. Mais l’oiseau avait essuyé tellement de tempêtes et de vents violents et de pluies diluviennes que le message était à peine déchiffrable. Le mari passa de longues heures à essayer de le recomposer mais il obtenait à chaque fois une version différente. Au fond de son cœur après ces longs mois d’absence et la visite des trois fantômes il eut peur que de nouveau il s’agisse d’un mirage et que le message était envoyé par un esprit.
Pour s’assurer qu’il s’agissait bien de sa femme, qu’elle l’aimait toujours et qu’elle le désirait, il attrapa un oiseau jaune et lui confia cette lettre en ajoutant à la fin : « Si c’est toi, et si tu veux de moi, envoie-moi un tango ».
Il était sûr que si c’était un esprit, il ne comprendrait pas le sens du message et que si c’était vraiment sa femme il recevrait ce qu’il attendait.
Et il attendit.
