Voilà, on veut rencontrer quelqu'un pour vivre. Pour ne plus vivre seule, ne plus rester des soirées entières à se demander quel sens a notre vie et pourquoi les mètres carré de peau qui nous ont été donné pour recevoir des caresses restent des déserts vides et glacés.
Voila pourquoi l'on cherche, au marché immense de l'amour, dans ses travées sans fins, quelqu'un qui voudra nous regarder, nous toucher, nous prendre et nous emmener.
Et quand nous le trouvons, ou croyons le reconnaître dans la foule des à peu près humains qui nous attirent, nous sommes portés sur le chariot de la joie à travers les soiries du désir, dans des recoins drapés d'or scintillant. Nous nous savons revivre, renaître à notre mort affective. Nous nous aimons.
Mais que vienne le temps et son cortège de chiens tristes et nous sentons peser sur nous des ciels gris qui ternissent les couleurs de notre amant. Il redevient, lui que nous regardions comme un prince aux yeux d'azur, un parmi d'autre, presque encombrant et nous l'accusons d'avoir oublié d'allumer en nous les flammes de la surprise et du tremblement.
Alors, après avoir joué à nous en contenter nous reprennons notre quête inlassable et retournons au souk y chercher des miracles.
Qu'avons-nous fait finalement si ce n'est attendre tout de l'autre ? Qu'avons-nous fait pour embellir avec lui le palais du désir, nous sommes-nous promenés, mains dans la main, à regarder chaque pièce de notre royaume en nous demandant comment la rendre plus belle et plus lumineuse ? Avons-nous écrit des chansons pour son coeur, avons nous imaginé des stratagèmes pour parfumer les jours ?
Et nous finisson par dire que la vie est décevante alors même que le seul Dieu qui en tient le destin en ses mains porte notre nom.
samedi 26 janvier 2008
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